Extraits du document :
Les commentaires de Option Transport Durable (OTD)
sont en italique et les données importantes sont en caractère gras.
En 2002, l'électricité et le pétrole sont nez à nez à
38% du bilan énergétique québécois, le gaz naturel et la biomasse
suivent respectivement à 13 % et 10%. De 1962 à 2002, en quarante ans donc, la
demande totale d'énergie au Québec a plus que doublé. Au cours de la même
période, l'électricité a doublé sa part dans le bilan énergétique et le pétrole
a cédé le tiers de la sienne. (page 11)
L'intérêt accru pour les questions environnementales et
pour le développement durable constitue également une nouvelle donne dans
l'évolution du secteur énergétique au Québec. Le Sommet de Rio en 1992,
la rencontre de Kyoto en 1997, laquelle a mené au protocole du même nom,
et la rencontre sur le développement durable de Johannesburg à l'automne 2002
ont également modifié le regard que la population porte sur l'avenir du secteur. Tout développement énergétique doit prendre en considération les impacts
qu'il aura sur l'environnement et respecter les principes du développement
durable. (page 12)
Les tendances lourdes du secteur énergétique (page 13)
...Or, selon certains experts, les perspectives à long terme pour les
approvisionnements pétroliers à l'échelle de la planète font état de réserves
prouvées n'excédant guère 40 ans de consommation.
Étant donné notamment l'éventualité d'une forte demande énergétique des
pays asiatiques à terme, la disponibilité du pétrole à des coûts raisonnables
risque d'être de moins en moins une réalité au cours des prochaines
décennies.
Pourtant, cette forme d'énergie sera encore abondamment utilisée dans le
secteur des transports (+/-99%,OTD). Ceci milite en faveur
d'un questionnement sur ses utilisations actuelles et sur l'opportunité
d'envisager une substitution graduelle par d'autres formes d'énergie.
...L'efficacité énergétique demeure un élément primordial dans la planification
à court et à long terme du bilan énergétique québécois. En effet, l'efficacité
énergétique contribue à:
• diminuer la croissance de la consommation d'énergie au Québec;
• disposer de plus de temps pour diversifier et consolider les
approvisionnements en énergie;
• rendre plus compétitive l'économie québécoise.
En contrepartie, la hausse de la demande énergétique ne peut être compensée par
l'efficacité énergétique à elle seule, compte tenu notamment du coût de cette
dernière et du fait qu'elle est dépendante des choix individuels des
consommateurs.
(page 13)
2.2.2 Des prix à la hausse
La diminution des réserves mondiales en hydrocarbures, leur caractère non
renouvelable et la croissance de la demande exercent à long terme une pression à
la hausse sur leur prix. (page 14)
2.2.3 Les nouveaux impératifs du développement énergétique
...Par conséquent, le développement durable auquel adhère la société québécoise
requiert de trouver l'équilibre entre la protection de l'environnement et la
pérennité des ressources d'une part, ainsi que la sécurité énergétique et la
croissance économique d'autre part.
En même temps, il importe de garder à l'esprit que les émissions de gaz à effet
de serre produites par habitant ailleurs au Canada sont le double de celles du
Québec. Il s'agit d'une situation qui mérite d'être reconnue par tous. (page 14)
La sécurité énergétique du Québec (page 20)
3.1 Les enjeux
...Le prix du pétrole brut et sa disponibilité sont soumis à la conjoncture
économique et géopolitique internationale, et le Québec n'a aucune influence en
cette matière.
...Les produits pétroliers occupent une place stratégique dans la vie
quotidienne des Québécois, ne serait-ce que pour satisfaire leurs besoins en
transport. Le marché des produits pétroliers fait l'objet d'un suivi attentif de
la part du gouvernement, ce qui lui permet d'être au fait des réalités de ce
marché.
...Les carburants renouvelables en émergence, tels l'éthanol et le biodiesel,
occupent actuellement une place très modeste dans le bilan énergétique du
Québec. Cependant, ces biocarburants offrent plusieurs avantages tels que la
diminution de la dépendance en pétrole et en produits pétroliers importés, les
retombées économiques associées notamment à la production de la matière première
et à sa transformation et la diminution nette des émissions de gaz à effet de
serre. À l'instar d'un nombre grandissant de pays européens, asiatiques et du
continent américain, le Québec a intérêt à encourager le développement de cette
énergie renouvelable sur son territoire, comme ont d'ailleurs déjà commencé à le
faire d'autres provinces canadiennes.
...L'énergie compte pour près de 10 % de la dépense intérieure brute du Québec.
Se donner les moyens de réduire le poids relatif de cette dépense implique des
efforts de réduction de la consommation d'énergie, une contribution optimale des
mesures d'efficacité énergétique et une gestion de la demande d'énergie qui
minimiseront les besoins en approvisionnements et le poids des factures
d'énergie des diverses catégories de consommateurs. Cela implique aussi une
coordination efficace des actions des principaux acteurs du secteur que sont la
Régie de l'énergie, les distributeurs d'énergie, l'Agence de l'efficacité
énergétique et les ministères concernés.
(page 21)
3.3 Les hydrocarbures (page 32)
3.3.1 La dépendance en matière d’approvisionnements
Avec plus de 50 % du bilan énergétique, les hydrocarbures (produits pétroliers
et gaz naturel) constituent un élément important dans l’économie du Québec. En
matière de transport, par exemple, les hydrocarbures occupent l’essentiel du
marché.
Les crises pétrolières de 1973 et de 1979 ont fait ressortir les risques liés
à la volatilité des prix et entraîné, dans certains pays, des
rationnements ainsi que l'adoption de mesures sévères pour limiter la
consommation. Dans le futur, les réserves seront de plus en plus sollicitées
par la demande du marché mondial tandis que la production sera en décroissance,
ce qui est susceptible de créer une pression à la hausse sur les prix.
Le Québec est dépendant de ces sources d’approvisionnement et soumis aux aléas
de la conjoncture économique et géopolitique mondiale. (page 33)
Efficacité énergétique
L'efficacité énergétique et la gestion de la demande d'énergie peuvent
contribuer à contrôler la croissance de la demande et, à moyen et à long terme,
diminuer la pression exercée sur l'offre d'énergie. Le gouvernement est
convaincu que les efforts pour mieux utiliser l'énergie doivent être plus que
jamais poursuivis. À cet effet, plusieurs options peuvent être envisagées pour
économiser l'énergie et des cibles peuvent être fixées.
Il est important de rappeler que les faibles prix de l'électricité (et des
carburants, OTD) en vigueur au Québec ne sont pas de nature à favoriser
l'efficacité énergétique.
Par ailleurs, le financement des mesures d'efficacité énergétique, en
particulier pour les responsabilités qui reviennent au gouvernement, constitue
un enjeux important. Les diverses avenues disponibles devraient donc faire
l'objet d'une analyse. (page 38)
...la Régie de l’énergie estime chaque semaine, et ce, pour
chaque région administrative, un prix minimum de référence pour les trois types
d’essence et le carburant diesel. (page 44)
4.4.3 Les nouvelles technologies et l’innovation
Dans le contexte de la mondialisation de l’économie, le développement de
nouvelles technologies et de nouvelles ressources énergétiques influe sur la
position concurrentielle du Québec. D’ailleurs, des pays comme le Japon,
l’Allemagne, les États-Unis et plusieurs autres y consacrent des investissements
soutenus.
Les appréhensions relatives à la sécurité des approvisionnements énergétiques,
plus particulièrement au chapitre des hydrocarbures, et les préoccupations
croissantes quant à la protection de l’environnement ont été, à travers le
monde, à l’origine d’importants efforts de recherche et de développement en
énergie. (page 46)
...Les progrès technologiques ont permis d’abaisser les coûts
d’exploration et de production du pétrole et du gaz naturel.
Le développement des électrotechnologies et des gazotechnologies a favorisé la
pénétration de l’électricité et du gaz naturel dans des usages où ces formes
d’énergie étaient autrefois exclues ou non concurrentielles. Leur utilisation
permet souvent une réduction de la consommation d’énergie, un abaissement des
coûts et une diminution des émissions polluantes et de gaz à effet de serre.
Grâce aux efforts en R-D, des progrès importants ont également été réalisés en
efficacité énergétique pour toutes les formes d’énergie et tous les usages,
notamment pour les véhicules automobiles, le chauffage et la climatisation des
immeubles, l’éclairage et les appareils ménagers de même que pour divers
procédés industriels.
Au cours des dernières années, les investissements en recherche et développement
dans le secteur énergétique au Québec se sont chiffrés en moyenne à quelque 200
millions de dollars par année. La part de ces investissements attribuable à
Hydro-Québec est d’environ 50 % et est concentrée dans les principaux secteurs
d’activités commerciales de la société d’État.(page 46)
4.4.4 Les biocarburants et le biogaz
La rareté relative du pétrole, la réduction des découvertes de nouveaux
gisements et les préoccupations croissantes pour la protection de
l’environnement sont à l’origine d’efforts consentis à travers le monde pour le
développement de nouveaux carburants. Outre leur impact environnemental moindre
comparativement aux carburants les plus utilisés, ils peuvent être à l’origine
d’industries aux retombées économiques non négligeables.
... la société Rothsay a décidé d’investir au Québec 14,5 millions de dollars
pour produire 35 millions de litres de biodiesel annuellement, avec la
possibilité de doubler cette production à 70 millions de litres. (page 48)
5.5 Le rôle de l’efficacité énergétique (page 58)
Étant donné l’influence de la consommation d’énergie sur les émissions
polluantes et les émissions de gaz à effet de serre, l’efficacité énergétique
joue un rôle primordial dans les efforts pour réduire la pollution atmosphérique
et atténuer le phénomène des changements climatiques. Il en va de même du
développement des énergies renouvelables. L’efficacité énergétique est une
solution avantageuse pour réduire la consommation d’énergie sans altérer le
niveau et la qualité de vie des usagers.
Les mesures d’efficacité énergétique s’inscrivent le plus souvent dans une
approche volontaire et procurent des bénéfices économiques, financiers et
environnementaux.
Ces mesures visent toutes les sources d’énergie et tous les secteurs touchés par
le problème des changements climatiques et des émissions polluantes. Elles
peuvent contribuer à réduire non seulement les émissions de GES et de polluants
en provenance de la combustion de l’énergie d’origine fossile, mais aussi celles
qui proviennent des procédés industriels.
Même dans le cas de l'électricité, essentiellement de source hydraulique au
Québec, les économies d'énergie permettent une réduction des émissions de GES et
des polluants atmosphériques, surtout dans la mesure où elles limitent la
pression sur le parc de production québécois et le recours aux importations de
court terme, presque entièrement de sources thermiques.
Il est important de rappeler que pour les consommateurs, le niveau des prix de
l'énergie demeure un incitatif important lors de l'adoption de mesures
d'efficacité énergétique. Ainsi, des prix de l'énergie plus élevés, en
augmentant la rentabilité des mesures d'efficacité énergétique, encouragent
davantage les consommateurs à adopter des comportements et des mesures
efficaces, notamment la mise en place d'équipements plus performants.
Conclusion (page 62)
En amorçant le processus de consultation relatif à l'élaboration d'une nouvelle
stratégie visant à assurer la sécurité et l'avenir énergétiques du Québec, le
gouvernement souhaite sensibiliser la population aux principaux enjeux
énergétiques qui nous interpellent et partager avec les citoyens la lecture
qu'il en fait.
Fruit des réflexions et des débats qui ont cours au Québec depuis plusieurs
années, la publication du présent document constitue une première étape de ce
processus auquel la population est invitée à participer activement.
Afin de prendre des décisions éclairées, le gouvernement souhaite une réflexion
ouverte sur l'avenir énergétique du Québec ainsi que sur la place du secteur de
l'énergie dans l'économie québécoise. Cette réflexion donnera à tous l'occasion
de s'exprimer, de faire des propositions et d'influencer les orientations et les
initiatives futures du gouvernement du Québec en matière d'énergie.
Au cours des prochains mois, cette réflexion conjointe sera pour le Québec une
occasion remarquable d'atteindre ses objectifs indissociables en matière de
sécurité des approvisionnements et de développement durable. Le gouvernement
souhaite que la consultation publique éclaire la population et permette
d'identifier des avenues de solution et des projets dont la réalisation
encouragera, de façon concertée et harmonieuse, la création de richesse pour
toutes les régions du Québec, tout en assurant la sécurité énergétique des
Québécois et en répondant aux exigences du développement durable.
Des tableaux importants :

(page 53)
Répartition sectorielle des émissions de GES au Québec(2001)

(page 55) Sources: Ministère de l'Environnement du Québec et
Environnement Canada
Questions posé par la Commission à un des six experts
Voir
http://www.mrnfp.gouv.qc.ca/energie/strategie/strategie-questions.jsp
Question sur le Développement durable :
En minimisant l’ensemble des coûts pour la société québécoise, quelle serait la
meilleure combinaison de moyens pour combler de façon sécuritaire les besoins
énergétiques du Québec dans une perspective à moyen et à long terme :
- Quels sont les mécanismes que le Québec peut mettre en
place pour répondre aux exigences environnementales du développement
énergétique de la façon la plus efficace possible en minimisant les impacts
sur la compétitivité de l’économie québécoise?
- Dans une perspective principalement nord-américaine,
quels sont les gestes que le Québec pourrait poser pour répondre aux
exigences relatives à la qualité de l’environnement et à la limitation des
émissions de gaz à effet de serre?
Avis (réponses) de l'expert
Alain Webster (Format
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